Dimanche 16 juin 2019, dans le cadre des journées nationales de l’archéologie, visite guidée, découverte de l’œuvre de Balthus et conférence de Laura Briganti sont au programme.

|Modifié le 14 Juin 19 à 20:08

Laura Briganti,  devant le tableau de Blathus.
Laura Briganti, devant le tableau de Blathus. (©Voix du Jura/Monique Henriet)

Restauratrice d’art depuis une trentaine d’années, Laura Briganti, qui est née en Italie, considère que « l’art n’est pas réservé à une élite. Il doit au contraire s’ouvrir au plus grand nombre. Car l’art permet de connaître les autres ».

Attirée par l’art sous toutes ses formes et soucieuse de transmettre ses connaissances, pour laisser à son tour une trace, Laura Briganti affectionne les moments de rencontres avec le grand public.

Aussi, quand elle parle avec enthousiasme de la restauration d’art, elle ne détaille par les techniques qui sont pour le coup l’affaire de spécialistes. Elle s’attache davantage à susciter la curiosité, l’émotion et la réflexion pour permettre de comprendre ce qu’il y a derrière un œuvre ; le tout ponctué de petites anecdotes très imagées.

Dimanche 16 juin 2019, au musée de l’Abbaye de Saint-Claude, dans le cadre des journées nationales de l’archéologie, Laura Briganti s’appuiera sur une œuvre de Balthus (1908-2011) prêtée par le centre Georges Pompidou, pour aborder « les enjeux qui se tissent entre un
peintre et un restaurateur ».

« Ce peintre contemporain qui a été responsable de la Villa Médicis à Rome pendant 15 ans, a étudié la peinture de la Renaissance et il a expérimenté la technique ancienne de la tempera (où l’on utilise du jaune ou du blanc d’œuf auquel on associe des pigments en poudre) et de caséine (protéine de lait).

Cette technique donne un aspect mat à la peinture ainsi qu’une épaisseur dans la couche ; ce qui entraîne en vieillissant de petites craquelures comme des rides. Balthus prenait beaucoup de temps pour réaliser un tableau. C’était un artisan.

Et ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est d’aborder ses tableaux contemporains qui ont fait appel à des techniques anciennes », souligne Laura en ajoutant que « chaque œuvre a une histoire différente qui traduit des instantanés de la grande Histoire, des habitudes, des croyances aussi selon les époques et les pays.

Ainsi, on ne restaure pas un tableau de la même façon si on est en Occident ou en Orient. Les paramètres ne sont pas les mêmes ». Pour en savoir plus, ne manquez pas le rendez-vous de dimanche à 16 h 45. Entrée libre.

Laura Briganti a fait ses études à Florence, à l’école dédiée à l’étude et à la conservation des œuvres d’art il y a une trentaine d’années. Puis, avec plusieurs collègues, elle a ouvert son atelier à Gênes. Agréée « musées et collections italiennes » elle a beaucoup bougé en Italie ; deux ans à Rome, puis pour une galerie d’art contemporain où elle s’est occupée du transport et de la conservation préventive…
Il y a six ans, elle a décidé de quitter l’Italie pour venir en France, où elle retrouve une richesse artistique, architecturale… En Seine-et-Marne, Laura a travaillé à Paris dans un atelier où elle a enseigné la chimie pour les nouvelles techniques de restauration et la méthodologie pour les étudiants en 3e année.
Puis elle a été agréée « musées et collections » en France. Une fois à Saint-Claude, elle a pris contact avec le musée de l’Abbaye où elle est tombée sous le charme de « ce bijou » et l’an dernier elle s’est inscrite à Genève en master études avancées, conservation du patrimoine et muséologie pour travailler dans les musées.
« Durant 30 ans, je me suis occupé de la restauration des œuvres d’art et de la restauration préventive, mais j’ai aussi touché à différents domaines comme l’organisation d’expos et la réalisation de performances d’artistes, en alliant de la danse et du théâtre… ».

PROGRAMME.
14 h 30 : visite guidée « Objets de pèlerinage, objets liturgiques… un autre regard sur l’abbaye ».
16 h : petite collation dans le jardin.
16 h 30 : passage devant l’œuvre de Balthus avec une brève présentation de Valérie Pugin.
À 16 h 45 : conférence de Laura Briganti. Entrée libre.