Valérie Cabot, propriétaire des crêperies Le Corps de Garde et la Duchesse Anne à Saint-Malo, et Magali Herisset, manager du Corps de Garde, participent au challenge zéro mégot. Elles offrent une crêpe au sucre en échange d'une bouteille remplie de mégots de cigarettes.

Valérie Cabot, propriétaire des crêperies Le Corps de Garde et la Duchesse Anne à Saint-Malo, et Magali Herisset, manager du Corps de Garde, participent au challenge zéro mégot. Elles offrent une crêpe au sucre en échange d’une bouteille remplie de mégots de cigarettes.

Le challenge zéro mégot, vous connaissez ? Vous en avez peut-être entendu parler cet été, plusieurs collectivités, entreprises et commerces s’étant donné le mot pour mettre en place cette opération écologique.

Pour les non initiés, l’objectif est aussi simple que louable : il s’agit de ramasser dans un contenant hermétique les mégots qui traînent par terre dans la rue. Un petit geste citoyen pour la grande cause de l’environnement.

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Une crêpe à 3,50 euros

Pour motiver les chasseurs de mégots à se prendre au jeu, beaucoup de bars, par exemple, ont promis en retour un verre offert à celles et ceux qui leur rapporteraient des bouteilles remplies de ce détritus indésirable.

À Saint-Malo, Valérie Cabot, la propriétaire des deux célèbres crêperies La Duchesse Anne et Le Corps de garde, situées Intra-Muros, a eu vent de ce challenge courant août.

« J’ai découvert qu’aux Sables-d’Olonne, c’est un Smoothie qu’un commerçant échangeait contre une bouteille de mégots. Comme j’ai moi-même une véritable aversion pour les mégots de cigarettes qui traînent dans la rue, je me suis dit qu’on devrait en faire autant ».

Et en terre bretonne, qui plus est quand on est crêpier, l’idée d’offrir en retour une crêpe au sucre s’est naturellement imposée. À 3,50 euros la crêpe en question, le geste est plutôt sympa.

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« Offrir un verre d’alcool en échange, ce n’est pas mon truc. Une crêpe, ça fait toujours plaisir et c’est notre métier ».

« Ce n’est pas la taille de la bouteille qui compte »

L’opération, débutée le 1er septembre, doit durer un mois. « On pense à la prolonger jusqu’aux vacances de la Toussaint, car on voit bien que ça intéresse les jeunes ». En l’espace de cinq petites journées, la restauratrice malouine a collecté une dizaine de bouteilles.

« On ne regarde pas à la taille. Qu’elle soit petite ou grande, c’est le geste qui compte ».

Preuve peut-être d’une réelle prise de conscience environnementale et/ou d’un début d’engouement pour le challenge, Magali Herisset, la manager de la crêperie du Corps de Garde perchée sur les remparts de la ville, a même vu une dame cueillir des mégots sur le pavé malouin en pleine nuit !

Un simple mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau

Bref, on ne pourra tous que s’en féliciter. Reste à savoir tout de même si la démarche, aussi respectueuse soit-elle, ne tient pas aussi de l’opération de communication ?

« Oui et non, ne cache pas Valérie Cabot. Enfin surtout non. Nous n’avons pas besoin de publicité, ce n’est pas le but recherché. On part simplement d’un constat : les mégots jetés au sol sont une vraie cochonnerie pour la planète. On a la mer à deux pas et ceux jetés dans les égouts y atterrissent directement ! »

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Et quand on sait qu’un filtre de cigarette, met, selon les milieux, 2 à 5 ans à disparaître… Et peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau ! Ça fait réfléchir en effet.

« Maintenant, il s’agit de faire encore plus. On pense à d’autres actions pour recycler nos déchets. On termine aussi notre dernier pot de pailles en plastique, après ce sera fini »

Le recyclage des mégots sera, quant à lui, confié à une association rennaise.