Le 14 mai 2019, un accord de rupture conventionnelle collective portant sur 3 000 départs volontaires a été acté après un accord entre des syndicats et la direction de Carrefour.

Le groupe Carrefour a annoncé la mise en place d'un plan de départs volontaires concernant 3 000 salariés
Le groupe Carrefour a annoncé la mise en place d’un plan de départs volontaires concernant 3 000 salariés (©Actu Essonne )

A la rentrée de septembre 2019, le groupe Carrefour va se séparer de près de 3 000 de ses collaborateurs. C’est en tout cas la conséquence de la rupture conventionnelle collective en date du mardi 14 mai.

Cet accord, obtenu avec l’appui de deux organisations syndicales pesant plus de 50% du personnel, scelle le départ d’au maximum 3 000 salariés travaillant dans les hypermarchés Carrefour de France

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« Une étape importante »

Tous les syndicats n’ont pourtant pas souhaité apposer leur signature au bas du document. Seules Force Ouvrière et la CGC, qui pèsent respectivement 46% et 7% du personnel, l’ont fait.

De quoi réjouir la direction du groupe spécialisé dans la grande distribution. « L’obtention de cet accord majoritaire prouve la volonté de maintien d’un dialogue social de qualité pour l’enseigne. Cette signature est une étape importante dans la mise en œuvre du plan de transformation Carrefour 2022, porté par Alexandre Bompard« , avance Jérôme Nanty, directeur des ressources humaines du groupe Carrefour au Figaro.

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Un « plan social déguisé » pour la CGT

Avec cet accord, l’enseigne peut donc se recentrer sur l’alimentaire notamment. Une situation qui ne réjouit pas les non-signataires de ce document, comme la CGT, râle Philippe Allard, le délégué syndical du groupe, contacté par Actu Essonne.

Nous ne signerons jamais, car il s’agit d’un plan social déguisé.

Plus précisément, ce plan vise une suppression nette de 1 230 postes. Les 1 700 autres emplois concernés sont également des départs volontaires, « mais qui sont amenés à être remplacés », explique la direction du groupe.

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Bientôt de nouvelles coupes dans les effectifs ?

« On parle de départs volontaires, mais on sait déjà qu’il s’agit de 102 bijouteries, qui représentent 300 salariés, qui sont amenées à fermer. Ces derniers seront automatiquement pointés du doigt », lance Philippe Allard, qui souhaite faire en sorte de maintenir le plus de salariés au sein du groupe, avec les mêmes niveaux de salaire.

« On calera le rythme des suppressions de postes sur les départs volontaires, il n’est pas question de supprimer un poste tant qu’une solution n’a pas été trouvée pour le salarié », tente de rassurer Jérôme Nanty chez nos confrères du Figaro.

Le plan étant validé par la direction et par les organisations syndicales qui représentent plus de la moitié du personnel, les leviers juridiques pour le représentant de la CGT sont épuisés. « Seule la Direction régionale du travail (Direccte) peut donner un avis contraire », conclut celui qui attend de nouvelles coupes dans les effectifs dans les prochains mois avec l’arrivée de l’automatisation des entrepôts et des caisses.

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