Pas d’annonces nouvelles, mais toujours des investigations, lors de la réunion du comité de suivi sur les cancers pédiatriques, jeudi 10 octobre. Le point à l’issue de la soirée.

Jeudi 10 octobre, le comité de suivi sur les cancers pédiatriques a fait le point, à l'Agence régionale de santé, à Nantes.
Jeudi 10 octobre, le comité de suivi sur les cancers pédiatriques a fait le point, à l’Agence régionale de santé, à Nantes. (©Adobe Stock)

Durant trois heures, le comité de suivi sur les investigations conduites sur l‘excès de cas de cancers pédiatriques sur le secteur de Sainte Pazanne a fait le point, jeudi 10 octobre 2019, à l’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire, à Nantes

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Les levées de doutes était au programme de la soirée, afin de détailler les investigations environnementales aux domiciles des familles d’enfants malades, ainsi que la deuxième campagne de mesures à l’école Notre-Dame-de-Lourdes, à Sainte-Pazanne.

Un point d’étape a été fait sur l’enquête épidémiologique menée par Santé publique France.

Lisa King, de Santé publique France, a évoqué l’enquête épidémiologique : « On a fini les entretiens le 19 septembre, chez 13 enfants. On a proposé le questionnaire chez trois autres familles. On est en train d’analyser ces familles et de faire une restitution en novembre. Ces résultats seront restitués lors de la réunion publique. »

Les analyses toxicologiques pratiquées sur des cheveux des enfants du secteur de Sainte-Pazanne, à l’initiative du collectif Stop aux cancers de nos enfants, ont été exposées lors de la réunion.

Jérôme Foucaud, de l’Institut national du cancer, a décrit les objectifs et la méthode de la « Task force », sur la recherche en cancérologie pédiatrique : « Cinq millions d’euros supplémentaires ont été proposés. Cette task force se réunit tous les mois. Des travaux ont déjà été proposés. Une réflexion a été menée sur le partage de données. Deux autres groupes de travail ont été créé. Un séminaire de travail aura lieu le 28 novembre. »

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Selon Bernard Morilleau, maire de Saint-Pazanne : « Les choses avancent, même si elles ne le font pas aussi vite que ce qu’on souhaiterait. La population demande que de nouveau cas arrivent, et qu’on recherche les causes. Aujourd’hui, des efforts sont faits pour essayer de comprendre. Jusqu’où on ira, je ne sais pas. Mais on met les choses en mouvement. Mais est-on plus sur une question sociétale que territoriale. »

 « Pas de recherche dans les sols de pesticides »

Marie Thibaud, du collectif Stop aux cancers de nos enfants : « Il n’y aura pas de recherche dans les sols des pesticides, cela fait partie de nos regrets. »

Elle rappelle les analyses effectuées sur les cheveux des enfants : « Dans les polluants retrouvés, un nombre incroyable de toxiques ont été retrouvés, perturbateurs endocriniens, métaux… Il ne sera pas possible de les analyser, dommage. Il serait bien que d’autres analyses soient diligentées par les autorités sanitaires, et pas par les citoyens. L’ARS en local n’a pas les moyens pour accompagner la recherche. Il va falloir aller beaucoup plus loin. Il va falloir comprendre pourquoi nos enfants sont en train de tomber malades, ici, dans l’Eure… La question est posée. On ne va pas passer tout un hiver à s’interroger si d’autres enfants vont tomber malades. »

« Il faut cherche dans l’effet cocktail »

Ce qui bloque ? « On parle ici de toxicité chronique, avec des cellules qui mutent. Des facteurs divers avec des expositions longues. Il faut chercher dans l’effet cocktail. »

Lisa King ajoute : « C’est une hypothèse légitime, mais c’est la faisabilité de l’observation qui est complexe. Les connaissances actuelles n’ont pas permis de l’observer ni le chercher. »

Nicolas Durand, directeur général adjoint de l’ARS, estime de son que côté qu’il y a « un manque de valeurs de référence, données par la science. On en a beaucoup, mais pas dans tous les compartiments. On parle de risques aigus et chroniques, mais on n’a pas de valeurs « cocktail » pour l’interprétation. La science progresse, on a espoir que cela soit résolu, mais cela se passe au niveau national. »

Et en attendant le temps de la recherche ? « On mesure, dit Nicolas Durand. On ne sait pas conclure s’il y a danger ou pas, avec les combinaisons d’exposition. »

Une réunion publique doit être organisée le lundi 25 novembre, à la salle Escale, à Sainte-Pazanne.