Le groupe de k pop BTS atteint pour une seconde fois la première place du Billboard 200 Albums américain — SIPA

Vendredi et samedi soir, les dizaines de milliers d’aficionados de K-pop se rendront au Stade de France pour se déhancher aux concerts de BTS (sur Bangtan Boys ou Bulletproof Boy). Ce groupe,
dont vous persistez peut-être à ne pas connaître l’existence, connaît
un succès hors du commun. Avec trois albums propulsés au sommet du Billboard américain, ils sont les premiers à réaliser cet exploit
depuis les Beatles.

Le groupe, adulé mondialement, évolue cependant dans une industrie en crise majeure. Le monde la K-pop est en effet de plus en plus sclérosé par des scandales sexuels à répétition.

Le scandale du Burning Sun

Ce n’est pas le nom d’un cocktail ou d’une secte, mais d’une boîte de nuit. L’affaire du Burning Sun a défrayé la chronique en Corée. Et pour cause, ce scandale convoque des faits de corruption, de partage de vidéos illégales, de trafic de stupéfiants, de viols, d’évasion fiscale… Tout ça au sein du même établissement. Bien sûr, tout ceci est illégal en Corée.

Ce scandale a profondément ébranlé le monde de la K-pop, où les artistes, de jeunes éphèbes propres sur eux en apparence, cultivent une image angélique. C’est notamment le cas du jeune Jung Joon-young, dont la carrière s’est arrêtée net en mars 2019. Derrière le marketing léché, ce jeune homme de 30 ans a avoué des faits de revenge porn : il filmait ses ébats et les partageait sur Internet, via KakaoTalk, un service de messagerie.

Son affaire a fait écho aux charges qui pèsent sur Lee Seung-Ri, alias Seungri, membre du groupe BigBang aux 140 millions d’albums vendus. Cogérant du Burning Sun, il y pratiquait le trafic de drogue et le proxénétisme – pour y soudoyer des investisseurs. Il a également été inculpé pour des faits d’agressions sexuelles, toujours dans cet établissement. Lui et une dizaine de personnes, adeptes du revenge porn, formaient un boy’s club de stars de K-pop qui s’échangeaient des contenus illicites sur Kakaotalk. Highlight, CNBLUE, FT Island… Tous ces groupes ont été touchés par les révélations.

« Molka »

Le scandale du Burning Sun a révélé au grand jour un phénomène de harcèlement tabou et destructeur en Corée du sud : le Molka. Cette forme de voyeurisme consiste à cacher des caméras dans des endroits privés pour filmer des femmes, puis de mettre les images sur Internet. Le Molka empêche les femmes coréennes
d’évoluer sereinement dans l’espace urbain du pays. En 2017, plus de 5400 personnes ont été arrêtées pour des faits de voyeurisme, mais les poursuites n’ont abouti qu’à une vingtaine de condamnations. Et le phénomène perdure. Selon les données de la police coréenne, il y a eu 17 cas de Molka recensés par jour à Séoul.

BTS, qui se démarque des autres groupes de K-pop avec des paroles progressistes sur la santé mentale ou les ravages du conformisme, feront peut-être un jour une chanson pour dénoncer le Molka. D’ici là, espérons que leur image particulièrement positive ne soit jamais entachée par une éclaboussure du pavé Burning Sun dans la mare de la K-pop.